Français
Page d'accueilPlan du siteContactsAjouter aux FavorisEnvoyer à un ami
PHILOSOPHIE SPIRITUALISTE
Réveillez l'ange en vous
 
''La Terre n'appartient pas à l'homme, c'est l'homme qui appartient à la Terre.''

                                                                                                            Sitting Bull
Intelligence planétaire

Un préjugé tenace entretient l'idéologie que l'espèce humaine possède le monopole ou l'exclusivité de l'intelligence.

 

Notre ''supériorité'' intellectuelle justifie notre domination de la Terre.

 

L'espèce humaine a développé son intelligence, mais elle ne l'a pas créé.

 

L'intelligence existait déjà dans les tréfonds de la conscience planétaire.

 

Toute espèce animale possède l'intelligence à un degré plus ou moins développé.

 

L'intelligence dans la nature n'a rien à envier à celle de l'espèce humaine.

 

En fait, l'intelligence planétaire est beaucoup plus évoluée que la nôtre.

 

Pour la raison suivante: la conscience humaine porte en elle deux pulsions diamétralement opposées: Eros (l'amour, la préservation) et Thanatos (la mort, la destruction).

 

Nous nous servons de notre intelligence soit pour préserver la vie soit pour la détruire.

 

La conscience planétaire est absolument pure; elle n'est animée par aucune pulsion de mort.

 

Elle crée les matériaux de la vie avec un amour inconditionnel.

 

L'idée que la nature peut ressentir des sentiments tels que l'amour peut paraître absurde.

 

Pourtant, c'est une vérité que l'amour est l'une des forces essentielles qui façonnent la vie.

 

L'intelligence humaine est en mesure de manipuler les matériaux de la vie, mais elle ne peut pas les créer.

 

À la limite elle peut les recréer, mais il s'agira toujours d'une pâle imitation.

 

Par exemple, nous pouvons produire la vie en laboratoire, mais en utilisant des matériaux naturels déjà existant.

 

Nous pouvons altérer la génétique, mais nous ne pouvons pas créer les matériaux génétiques eux-mêmes.

 

Tant et aussi longtemps que nous entretiendrons ce préjugé que l'espèce humaine est le dernier maillon des êtres intelligents, nous ne parviendrons jamais à comprendre l'intelligence planétaire.

 
Vign_evolution_fish_feet_looking_863125

Les sceptiques radicaux pourraient nous opposer les arguments suivants:

 

''Les cellules sensibles à la lumière des vertébrés pointent vers le fond de l’oeil, plutôt que vers l’extérieur.''

 

''Cette erreur de design, la même pour tous les vertébrés, contribue à une réduction appréciable de la lumière atteignant les récepteurs, à la tache aveugle du nerf optique qui doit traverser la rétine et au risque de décollement de la rétine, non retenue au fond de l’oeil.''

 

''Ces imperfections proviennent de la technique évolutionniste d’essais et erreurs - sûrement pas d’une supra-intelligence.''

 

Un des préjugés matérialistes sur la nature comme ''création'' est qu'elle doit être forcément ''parfaite'' à l'image de son créateur parfait.

 

En découvrant des erreurs de design, cela prouverait qu'un créateur parfait ne peut pas avoir conçu une nature imparfaite.

 

Or, la nature n'est peut-être pas parfaite mais elle est perfectible; elle tend toujours vers la perfection par l'amélioration de ses défauts de design.

 

Comment s'améliore-t-on ? Par la méthode d'essais et erreurs.

 

C'est le moyen élémentaire utilisé par tout être vivant qui se sert adéquatement de son intelligence.

 

Un individu qui apprend de ses erreurs est manifestement intelligent.

 

Un individu qui n'apprend jamais de ses erreurs est manifestement imbécile.

 

La méthode d'essais et erreurs utilisé par la nature prouve par le fait même qu'elle possède la faculté de distinguer l'erreur de l'essai réussi.

 

Sans intelligence la nature ne chercherait jamais à s'améliorer et la vie serait impossible dans ces conditions.

 

''L’humain possède des organes inutiles : le coccyx (vestige d’une queue préhensile), l’appendice (vestige du caecum des mammifères herbivores).''

 

''D’autres animaux également, comme les baleines et les pythons qui ont des bassins et des fémurs superflus.''

 

''Ces organes, aujourd’hui sans fonction, attestent d’ancêtres qui en avaient besoin.''

 

''Ils ne sauraient être l’œuvre d’une supra-intelligence.''

 

Ces membres superflus, que l'on nomme ''organes vestigieux'' peuvent être découverts sous différents aspects:

 

''Les Kiwis, ou Aptéryx de Nouvelle-Zélande et Tasmanie, sont des oiseaux terrestres de taille moyenne (35 à 65 cm), incapables de voler.''

 

''Leurs pattes sont assez courtes et vigoureuses, ils sont dépourvus de queue, et pondent d'énormes œufs.''

 

''Ces oiseaux forestiers vivent dans les zones de bois ou de broussailles jusqu'à une altitude de 1200 m.''

 

''Les kiwis ont totalement perdu la capacité de voler et ont leurs ailes réduites à leur plus simple expression, invisibles sous le plumage.''

 

''Ces minuscules moignons d'ailes ne leur servent même pas comme balanciers pour la course car elles restent en permanence pliées sous le plumage.''

 

''La Punaise, Coranus subapterus, habite les landes et les dunes d'Europe, ou autres endroits à peu de végétation.''

 

''Elle possède des ailes très réduites rendant cet insecte hétéroptère inapte au vol.''

 

''Elle chasse donc à la course les petits insectes et araignées dont elle se nourrit.''

 

''Ces ailes, vestigiales mais visibles à l'oeil nu, ne lui servent à rien, même pas à striduler comme c'est le cas chez les grillons ou les cigales ; cet insecte n'émettant aucun son.''

 

''Les minuscules petites pattes inutiles de certains lézards, comme les seps et scinques d'Afrique du Nord, qui glissent littéralement sur et sous le sable tels des poissons dans l'eau, avec une vélocité ahurissante, ne leur servent strictement à rien.''

 

''Trop petites pour leur servir à quoi que ce soit, ce ne sont que des pattes atrophiées sans aucune fonction.''

 

''Certaines espèces de scinques les ont totalement perdues, d'autres n'ont perdu que celles de devant, d'autres celles de derrière, et d'autres les ont conservées, relativement développées.''

 

''Le Pissenlit ou Dent-de-lion, Taraxacum officinale, plante mellifère très commune aux bords des sentiers, a cette particularité de se reproduire par pathénogénèse, c'est-à-dire que les ovules se développent en embryons même sans fécondation (phénomène appelé apomyxie).''

 

''Cette forme de reproduction n'est pas exceptionnelle chez les plantes, mais le pissenlit développe pourtant des fleurs et produit du pollen.''

 

''Les deux sont de typiques organes sexuels servant à la reproduction chez les autres plantes, inutiles chez le pissenlit.''

 

''Tous ces vestiges et moignons ne servent à rien ou quasiment rien.''

 

''Ils n'ont plus aucune fonction.''

 

''Ce sont des traces du passé de ces espèces, qui ne peuvent s'expliquer qu'en termes d'évolution et histoire évolutive.''

 

L'argument des organes vestigieux est valable pour les créationnistes bibliques qui croient que la nature a été créé en sept jours.

 

Cependant, les erreurs de design qui ne sont pas rares dans la nature ne représentent pas une preuve suffisante pour nous inciter à croire que les mécanistes de l'évolution s'opèrent d'une façon strictement aveugle ou aléatoire.

 

Pour parvenir à la ''perfection'', il faut nécessairement commettre des erreurs.

 

En révélant ses erreurs, la nature prouve qu'elle a des facultés intellectuelles avancées.

 

''Une morue pond des millions d’oeufs dont seulement quelques-uns survivront.''

 

''Des millions d’individus sont sacrifiés pour qu’il y ait des améliorations.''

 

''Une technique basée sur un tel gaspillage biologique ne semble pas résulter d’une supra-intelligence.''

 

Pour un matérialiste, la vie cesse dès que le corps meurt.

 

Donc, les millions d'œufs inutilisés de la morue sont gaspillés.

 

De prime abord, ''gaspillage'' est un concept proprement humain; la nature ne gaspille jamais.

 

Ce qui se passe réellement est lorsqu'elles ''meurent'', l'énergie vitale de ces formes de vie inutilisées retourne à la source vitale en redevenant pure énergie qui sera réutilisée dans d'autres circonstances.

 

''La nature a créé des millions d’espèces qui sont aujourd’hui disparues : trilobites, dinosaures, proto humains,etc.''

 

''Est-il concevable qu’une supra-intelligence motivée par l'amour les ait toutes créées pour les vouer sans rémission à une lente ou brutale extinction ?''

 

La destruction est parfois nécessaire à la régénération des formes de vie.

 

N'est-ce pas ce que nous enseigne l'évolution ?

 

La disparition des dinosaures n'a-t-elle pas entraînée le développement des mammifères ?

 

Le règne d'une ou de plusieurs espèces sur Terre ne peut jamais durer éternellement.

 

Il vient un temps où l'intelligence planétaire décide que leur épanouissement est arrivé à son terme.

 

La disparition de ces espèces n'entraîne pas la destruction définitive de l'héritage génétique.

 

Ainsi, l'intelligence planétaire peut débuter un nouveau cycle de création.

 

''Pour survivre, les carnivores mangent les herbivores, les gros poissons mangent les petits poissons, les parasites tourmentent leur hôte.''

 

''Ce système cruel et sans pitié de prédateurs et de victimes peut-il vraiment avoir été conçu par une supra-intelligence motivée par l'amour ?''

 

L'erreur de cette dernière objection consiste à transposer la morale au mécanisme comportemental prédateur/proie.

 

Aux yeux d'un être sensible le mécanisme de la survie peut paraître cruel et sans pitié.

 

À la différence de l'espèce humaine, les animaux ne s'embarrassent pas d'un système conceptuel de valeurs (bon/mal, juste/injuste).

 

Ils vivent dans le présent et tentent de satisfaire leurs besoins pour survivre.

 

Un animal qui attaque pour manger ou pour se défendre n'utilise pas sa force par cruauté, contrairement à l'homme.

 
La nature divinisée
Vign_habu_557_

Bien avant la naissance de la pensée rationnelle et scientifique, les anciens vénéraient la nature comme un ensemble de divinités dont chacune avait une fonction bien définie.

 

En Égypte, la crue du Nil, un fleuve crucial pour la fertilité des terres cultivables était représenté sous les traits d'un jeune homme appelé Hâpy portant au bout de ses bras des victuailles.

 

En Grèce, on croyait que la végétation était produite par la déesse Déméter.

 

Dans le mythe, sa fille Perséphone demeure six mois auprès d'elle pour l'aider à faire pousser la végétation.

 

L'autre six mois elle est contrainte de se rendre aux Enfers pour demeurer auprès de son époux Hadès.

 

L'absence de sa fille dans les profondeurs de la Terre cause à chaque fois un grand chagrin à Déméter, l'empêchant d'être productive.

 

C'est ce qui explique le cycle des saisons printemps/hiver dans la mythologie grecque.

 

Les cultes et les hymnes offerts aux divinités étaient une forme de reconnaissance à leur égard parce qu'ils pourvoyaient à l'activité agraire des humains.

 

D'un point de vue moderne et occidental, nos ancêtres polythéistes peuvent paraître pour des primitifs.

 

En effet, qui aujourd'hui se prosterneraient devant une ruche pour remercier les abeilles de leur fournir le précieux miel ?

 

Cependant, il existe encore aujourd'hui beaucoup de familles croyantes qui se réunissent autour de leur repas pour prier Dieu afin de le remercier de leur fournir si gracieusement de quoi se nourrir.

 

Nous appelons cette prière ''bénédiction'' et il s'agit d'un vestige de cette ancienne forme de reconnaissance exercée par nos ancêtres.

 

La nature est pleine de ressources: elle pourvoit la viande et les légumes pour se nourrir, la terre pour cultiver, les peaux d'animaux pour se vêtir, les matériaux pour se loger, les plantes médicinales pour se guérir, les dépôts accumulés de la terre comme forme d'énergie, etc.

 

Aujourd'hui, la nature a perdu tout son caractère sacré.

 

Les humains sont convaincus qu'il n'est plus nécessaire de la remercier pour ses bienfaits car elle ne serait pourvue d'aucune conscience ni d'aucune affectivité.

 

Devenus l'espèce dominante de la planète, les humains justifient ainsi toute les formes d'exploitation pour maintenir leurs ambitions capitalistes. 

 

vign3_Poseidon_Penteskouphia_Louvre_CA452

vign3_dieux-fleuves

vign3_devas

vign3_noun

vign3_priere-abeilles

vign3_nabonide

vign3_villa_selene_helius

vign3_geb-et-nout-la-voute-etoilee

vign3_deesse-arbre
L'anthropocène
Vign_homme

La pensée mythique et les religions modernes décrivent les origines du monde et de l'humanité comme une création des dieux ou d'un Dieu unique.

 

Le naturaliste Charles Darwin (1809-1882) jeta les bases d'une nouvelle anthropogenèse.

 

Le visage de la science fut changée à jamais: l'être humain n'était plus la création d'un dieu, mais le produit d'une très longue évolution biologique, faisant de lui un membre à part entière de la nature.

 

Depuis cette révolution scientifique du 19ème siècle, la conception naturaliste de l'espèce humaine fait figure de paradigme dans la communauté scientifique, dans les sciences humaines et dans l'idéologie populaire.

 

Charles Darwin valide son hypothèse que l'homme est un animal dans son ouvrage ''La descendance de l'homme et la sélection sexuelle'' (1876):

 

''On sait que l’homme est construit sur le même type général que les autres mammifères.''

 

''Tous les os de son squelette sont comparables aux os correspondants d’un singe, d’une chauve-souris ou d’un phoque.''

 

''Il en est de même de ses muscles, de ses nerfs, de ses vaisseaux sanguins et de ses viscères internes.''

 

''Le cerveau, le plus important de tous les organes, suit la même loi.''

 

''L’homme peut recevoir des animaux inférieurs et leur communiquer certaines maladies, comme la rage, la variole, la morve, la syphilis, le choléra, l’herpès, etc., fait qui prouve bien plus évidemment l’extrême similitude de leurs tissus et de leur sang, tant dans leur composition que dans leur structure élémentaire.''

 

''L’ensemble de la marche de l’importante fonction de la reproduction de l’espèce présente les plus grandes ressemblances chez tous les mammifères, depuis les premières assiduités du mâle jusqu’à la naissance et l’allaitement des jeunes.''

 

''L’homme se développe d’un ovule ayant environ 0,02 mm de diamètre ; cet ovule ne diffère en aucun point de celui des autres animaux à une période précoce ; c’est à peine si l’on peut distinguer cet embryon lui-même de celui d’autres membres du règne des vertébrés.''

 

Les évidences empiriques en faveur de son hypothèse se sont multipliées depuis son époque, notamment avec la génétique qui prouve que l'espèce humaine partage un agencement génétique similaire avec certains animaux, particulièrement les mammifères.

 

Dans la classification de la nature, l'espèce humaine fait partie de la famille des hominidés appartenant à l'ordre des primates.

 

Autrement dit, nous partageons notre héritage génétique avec les grands singes.

 

Dans le même ouvrage, Charles Darwin compare les facultés mentales de l'homme et de l'animal:

 

''L’homme possède les mêmes sens que les animaux, ses intuitions fondamentales doivent être les mêmes.''

 

''L’homme et les animaux ont quelques instincts communs : l’amour de la vie, l’amour sexuel, l’amour de la mère pour ses petits nouveau-nés, l’aptitude de ceux-ci pour téter, et ainsi de suite.''

 

''L’homme, cependant, a peut-être moins d’instincts que n’en possèdent les animaux.''

 

''Bien qu’un degré élevé d’intelligence soit certainement compatible avec l’existence d’instincts complexes, comme nous le prouve l’exemple du castor et des insectes et bien que les actions dépendant d’abord de la volonté puissent ensuite être accomplies grâce à l’habitude avec la rapidité et la sûreté d’une action réflexe, il n’est cependant pas improbable qu’il existe une certaine opposition entre le développement de l’intelligence et celui de l’instinct, car ce dernier implique certaines modifications héréditaires du cerveau.''

 

''Il y a, entre les actes de l’homme et ceux des animaux, cette grande différence que l’homme ne peut pas, malgré sa faculté d’imitation, fabriquer d’emblée, par exemple, une hache en pierre ou une pirogue.''

 

''Il faut qu’il apprenne à travailler ; un castor, au contraire, construit sa digue ou son canal, un oiseau fait son nid, une araignée tisse sa toile merveilleuse, presque aussi bien ou même tout aussi bien dès son premier essai que lorsqu’il est plus âgé et plus expérimenté.''

 

''Les animaux inférieurs, de même que l’homme, ressentent évidemment le plaisir et la douleur, le bonheur et le malheur.''

 

''On ne saurait trouver une expression de bonheur plus évidente que celle que manifestent les petits chiens et les petits chats, les agneaux, etc., lorsque, comme nos enfants, ils jouent les uns avec les autres.''

 

''La faculté de l’imitation est puissante chez l’homme, et surtout, comme j’ai pu m’en assurer moi-même, chez l’homme à l’état sauvage.''

 

''Il n'est pas de faculté qui soit plus importante pour le progrès intellectuel de l’homme, que celle de l’attention.''

 

''Elle se manifeste clairement chez les animaux.''

 

''Une des plus hautes prérogatives de l'homme est sans contredit, l'imagination, faculté qui lui permet de grouper, en dehors de la volonté, des images et des idées anciennes, et de créer ainsi des résultats brillants et nouveaux.''

 

Enfin, Charles Darwin propose une explication sur le développement des facultés intellectuelles et morales de l'homme pendant les temps primitifs:

 

''La sélection naturelle et les autres causes analogues n’ont dû exercer qu’une influence bien secondaire sur les modifications corporelles de l'homme, dès qu’il eut partiellement acquis les qualités intellectuelles et morales qui le distinguent des animaux inférieurs ; ces facultés mentales, en effet, le mettent à même ''d’adapter son corps, qui ne change pas, à l’univers, qui se modifie constamment.''

 

''L’homme sait admirablement conformer ses habitudes à de nouvelles conditions d’existence.''

 

''Il invente des armes, des outils et divers engins, à l’aide desquels il se défend et se procure ses aliments.''

 

''La conformation corporelle des animaux doit, au contraire, se modifier profondément pour qu'il puisse subsister dans des conditions très nouvelles.''

 

''Le cas est tout différent quand il s'agit des facultés intellectuelles et morales de l'homme.''

 

''Nous avons toute raison de croire que les variations sont héréditaires.''

 

''En conséquence, si ces facultés ont eu, autrefois, une grande importance pour l'homme primitif et ses ancêtres simio-humains, la sélection naturelle a dû les développer et les perfectionner.''

 

''Il est facile de comprendre que, dans l'état primitif de la société, les individus les plus sagaces, ceux qui employaient les meilleures armes ou inventaient les meilleurs pièges, ceux qui, en un mot, savaient mieux se défendre, devaient laisser la plus nombreuse descendance.''

 

''On ne peut mettre en doute la haute importance des facultés intellectuelles, puisque c'est à elles que l'homme doit sa position prééminente dans le monde.''

 

''Les hommes primitifs, ou nos ancêtres simio-humains, n’ont pu devenir sociables qu’après avoir acquis les sentiments instinctifs qui poussent certains autres animaux à vivre en société ; ils possédaient, sans aucun doute, ces mêmes dispositions générales.''

 

''Ils devaient ressentir quelque chagrin lorsqu’ils étaient séparés de leurs camarades pour lesquels ils avaient de l’affection ; ils devaient s’avertir mutuellement du danger et s’entr’aider en cas d’attaque ou de défense.''

 

''Ces sentiments impliquent un certain degré de sympathie, de fidélité et de courage.''

 

''Notre sens moral, ou notre conscience, se compose d’un sentiment essentiellement complexe, basé sur les instincts sociaux, encouragé et dirigé par l’approbation de nos semblables, réglé par la raison, par l’intérêt et dans des temps plus récents, par de profonds sentiments religieux, renforcés par l’instruction et par l’habitude.''

 

''Notre instinct de sympathie nous pousse à secourir les malheureux ; la compassion est un des produits accidentels de cet instinct que nous avons acquis dans le principe, au même titre que les autres instincts sociables dont il fait partie.'' (Charles Darwin, La descendance de l'homme et la sélection sexuelle)

 

La vision que Charles Darwin a proposé est matérialiste:

 

(1) L'espèce humaine est un produit accidentel de la nature.

 

(2) La sélection naturelle est explicable par des causes strictement physiques (hérédité).

 

(3) Tous les êtres vivants sont déterminés par leur environnement.

 

(4) Les créatures les plus aptes survivent et les créatures les moins aptes disparaissent.

 

La sélection naturelle a contribué à populariser l'athéisme.

 

Une autre vision matérialiste du 19ème siècle allait donner une force supplémentaire à l'athéisme: le ''matérialisme historique'' de Karl Marx.

 
Vign_27612039

Le philosophe allemand Karl Marx (1818-1883), inspiré par la sélection naturelle de Charles Darwin, l'appliqua à son modèle économique de la société.

 

Dans son ouvrage ''L'idéologie allemande'' (1845), Karl Marx prétend mettre fin aux prétentions de l'idéalisme allemand en le remplaçant par une théorie purement matérialiste de l'homme.

 

''Jusqu'à présent les hommes se sont toujours fait des idées fausses sur eux-mêmes, sur ce qu'ils sont ou devraient être.''

 

''Ils ont organisé leurs rapports en fonction des représentations qu'ils se faisaient de Dieu, de l'homme normal, etc.''

 

''Ces produits de leur cerveau ont grandi jusqu'à les dominer de toute leur hauteur.''

 

''Créateurs, ils se sont inclinés devant leurs propres créations.''

 

''Libérons-les donc des chimères, des idées, des dogmes, des êtres imaginaires sous le joug desquels ils s'étiolent.''

 

''Révoltons-nous contre la domination de ces idées.''

 

''Apprenons aux hommes à échanger ces illusions contre des pensées correspondant à l'essence de l'homme.''


''Les prémisses dont nous partons ne sont pas des bases arbitraires, des dogmes; ce sont des bases réelles dont on ne peut faire abstraction qu'en imagination.''

 

''Ce sont les individus réels, leur action et leurs conditions d'existence matérielles, celles qu'ils ont trouvées toutes prêtes, comme aussi celles qui sont nées de leur propre action.''

 

''Ces bases sont donc vérifiables par voie purement empirique.''

 

''La condition première de toute histoire humaine est naturellement l'existence d'êtres humains vivants.''

 

''Le premier état de fait à constater est donc la complexion corporelle de ces individus et les rapports qu'elle leur crée avec le reste de la nature.''

 

''Toute histoire doit partir de ces bases naturelles et de leur modification par l'action des hommes au cours de l'histoire.''

 

''On peut distinguer les hommes des animaux par la conscience, par la religion et par tout ce que l'on voudra.''

 

''Eux-mêmes commencent à se distinguer des animaux dès qu'ils commencent à produire leurs moyens d'existence, pas en avant qui est la conséquence même de leur organisation corporelle.''

 

''En produisant leurs moyens d'existence, les hommes produisent indirectement leur vie matérielle elle-même.''

 

''La façon dont les hommes produisent leurs moyens d'existence, dépend d'abord de la nature des moyens d'existence déjà donnés et qu'il leur faut reproduire.''

 

''La façon dont les individus manifestent leur vie reflète très exactement ce qu'ils sont.''

 

''Ce qu'ils sont coïncide donc avec leur production, aussi bien avec ce qu'ils produisent qu'avec la façon dont ils le produisent.''

 

''Ce que sont les individus dépend donc des conditions matérielles de leur production.''

 

''La production des idées, des représentations et de la conscience est d'abord directement et intimement mêlée à l'activité matérielle et au commerce matériel des hommes, elle est le langage de la vie réelle.''

 

''Les représentations, la pensée, le commerce intellectuel des hommes apparaissent ici encore comme l'émanation directe de leur comportement matériel.''

 

''Pour vivre, il faut avant tout boire, manger, se loger, s'habiller et quelques autres choses encore.''

 

''Le premier fait historique est donc la production des moyens permettant de satisfaire ces besoins, la production de la vie matérielle elle-même, et c'est même là un fait historique, une condition fondamentale de toute histoire que l'on doit, aujourd'hui encore comme il y a des milliers d'années, remplir jour par jour, heure par heure, simplement pour maintenir les hommes en vie.''

 

''Le second point est que le premier besoin une fois satisfait lui-même, l'action de le satisfaire et l'instrument déjà acquis de cette satisfaction poussent à de nouveaux besoins, - et cette production de nouveaux besoins est le premier fait historique.''

 

''Le troisième rapport, qui intervient ici d'emblée dans le développement historique, est que les hommes, qui renouvellent chaque jour leur propre vie, se mettent à créer d'autres hommes, à se reproduire; c'est le rapport entre homme et femme, parents et enfants, c'est la famille.''

 

''Et c'est maintenant seulement, après avoir déjà examiné quatre moments, quatre aspects des rapports historiques originels, que nous trouvons que l'homme a aussi de la ''conscience''.

 

''Le langage est aussi vieux que la conscience, - le langage est la conscience réelle, pratique, existant aussi pour d'autres hommes, existant donc alors seulement pour moi-même aussi et, tout comme la conscience.''

 

''L'animal ''n'est en rapport'' avec rien, ne connaît somme toute aucun rapport.''

 

''Pour l'animal, ses rapports avec les autres n'existent pas en tant que rapports.''

 

''La conscience est donc d'emblée un produit social et le demeure aussi longtemps qu'il existe des hommes.''

 

''Bien entendu, la conscience n'est d'abord que la conscience du milieu sensible le plus proche et celle d'une interdépendance limitée avec d'autres personnes et d'autres choses situées en dehors de l'individu qui prend conscience; c'est en même temps la conscience de la nature qui se dresse d'abord en face des hommes comme une puissance foncièrement étrangère, toute-puissante et inattaquable, envers laquelle les hommes se comportent d'une façon purement animale et qui leur en impose autant qu'au bétail; par conséquent une conscience de la nature purement animale.'' (Karl Marx, L'idéologie allemande)

 

Selon Karl Marx, l'espèce humaine se distingue de l'animal par la production de ses moyens d'existence, mais il demeure un animal en ce qu'il est déterminé par la nature.

 

Sa conscience le pousse à se créer de nouveaux besoins pour maintenir ses liens sociaux.

 

L'homme est un ''animal économique''.

 

Comme les animaux ne produisent pas leurs propres moyens d'existence, Karl Marx conclut qu'il ne sont en rapport avec ''rien'' !

 

Voilà la grande contribution issue des idées de ces deux penseurs: les créatures les plus aptes survivent et les créatures les moins aptes disparaissent et l'être humain entretient des rapports strictement économiques avec la nature.

 

Ces deux courants matérialistes ont popularisé l'athéisme et sont parvenus à justifier la domination de l'espèce humaine sur la nature.

Les rapports humain-animal
Vign_C_71_article_1581822_image_list_image_list_item_0_image

Les rapports humains avec les animaux sont ambivalents.

 

D'un côté, nous ressentons de l'affection et de l'empathie pour nos animaux domestiques.

 

De l'autre, de nombreuses espèces sauvages nous laisse totalement indifférents.

 

Nous entretenons des rapports strictement économiques avec plusieurs bêtes, en particulier celles qui se retrouvent dans les fermes d'élevage et les abattoirs pour notre consommation.

 

Nous entretenons aussi des rapports professionnels avec elles, comme par exemple des milliers de chiens entraînés pour repérer la drogue dans les bagages des aéroports ou pour guider des personnes aveugles.

 

En Chine, des pêcheurs se servent même d'oiseaux pour aller récupérer des poissons dans l'eau !

 

Chaque année, des milliers de chasseurs se rendent dans les contrées sauvages pour chasser.

 

L'homme incarne le prédateur traquant sa proie en utilisant des armes à feu qui leur procure une supériorité incontestable.

 

Pour beaucoup d'humains, les animaux domestiques ne servent strictement à rien.

 

D'autres traitent leurs bêtes comme si elles étaient leurs propres enfants ou un membre à part entière de la famille.

 

Des braconniers sans foi ni loi tuent des espèces animales menacées pour s'accaparer leur fourrure afin de les vendre sur le marché noir.

 

D'autres individus, appartenant à des organismes de protection animale, s'investissent à la préservation de la faune par pur amour de la vie.

 

L'évolution nous a prouvé que tous les êtres vivants sont reliés entre eux dans un arbre évolutif.

 

Cependant, beaucoup d'humains ont oublié leur affiliation animale ou refusent simplement de l'admettre.

 

La démarcation entre l'homme et l'animal est purement psychologique.

 

L'extinction des espèces animales est si exponentielle, si alarmante, que le 15 octobre 1978 l'UNESCO a proclamé la Déclaration Universelle des Droits de l'Animal.

 

''Elle constitue une prise de position philosophique sur les rapports qui doivent désormais s'instaurer entre l'espèce humaine et les autres espèces animales.''

 

''Considérant que la Vie est une, tous les êtres vivants ayant une origine commune et s'étant différenciés au cours de l'évolution des espèces.''

 

''Considérant que tout être vivant possède des droits naturels et que tout animal doté d'un système nerveux possède des droits particuliers.''

 

''Considérant que le mépris, voire la simple méconnaissance de ces droits naturels provoquent de graves atteintes à la Nature et conduisent l'homme à commettre des crimes envers les animaux.''

 

''Considérant que la coexistence des espèces dans le monde implique la reconnaissance par l'espèce humaine du droit à l'existence des autres espèces animales.''

 

''Considérant que le respect des animaux par l'homme est inséparable du respect des hommes entre eux.''

 

Article 1: ''Tous les animaux ont des droits égaux à l'existence dans le cadre des équilibres biologiques.''

 

''Cette égalité n'occulte pas la diversité des espèces et des individus.''

 

Article 2: ''Toute vie animale a droit au respect.''

 

Article 3: ''Aucun animal ne doit être soumis à de mauvais traitements ou à des actes cruels.''

 

''Si la mise à mort d'un animal est nécessaire, elle doit être instantanée, indolore et non génératrice d'angoisse.''

 

''L'animal mort doit être traité avec décence.''

 

Article 4: ''L'animal sauvage a le droit de vivre libre dans son milieu naturel, et de s'y reproduire.''

 

''La privation prolongée de sa liberté, la chasse et la pêche de loisir, ainsi que toute utilisation de l'animal sauvage à d'autres fins que vitales, sont contraires à ce droit.''

 

Article 5: ''L'animal que l'homme tient sous sa dépendance a droit à un entretien et à des soins attentifs.''

 

''Il ne doit en aucun cas être abandonné, ou mis à mort de manière injustifiée.''

 

''Toutes les formes d'élevage et d'utilisation de l'animal doivent respecter la physiologie et le comportement propres à l'espèce.''

 

''Les exhibitions, les spectacles, les films utilisant des animaux doivent aussi respecter leur dignité et ne comporter aucune violence.''

 

Article 6: ''L'expérimentation sur l'animal impliquant une souffrance physique ou psychique viole les droits de l'animal.''

 

''Les méthodes de remplacement doivent être développées et systématiquement mises en œuvre.''

 

Article 7: ''Tout acte impliquant sans nécessité la mort d'un animal et toute décision conduisant à un tel acte constituent un crime contre la vie.''

 

Article 8: ''Tout acte compromettant la survie d'une espèce sauvage, et toute décision conduisant à un tel acte constituent un génocide, c'est-à-dire un crime contre l'espèce.''

 

''Le massacre des animaux sauvages, la pollution et la destruction des biotopes sont des génocides.''

 

Article 9: ''La personnalité juridique de l'animal et ses droits doivent être reconnus par la loi.''

 

''La défense et la sauvegarde de l'animal doivent avoir des représentants au sein des organismes gouvernementaux.''

 

Article 10: ''L'éducation et l'instruction publique doivent conduire l'homme, dès son enfance, à observer, à comprendre, et à respecter les animaux.''

 

Les amis des animaux possèdent généralement une grande sensibilité et une forte empathie à leur égard.

 

Ces dix articles suffisent pour les convaincre de la dignité intrinsèque de toutes les formes de vie.

 

Malheureusement pour beaucoup d'humains la dignité n'est qu'un simple mot vide de sens.

 

Depuis des décennies, les biologistes marins insistent sur le fait que les dauphins et les baleines sont des animaux au potentiel quasi humain; ils possèdent une conscience et une intelligence comparables aux nôtres.

 

À un tel degré que nous pourrions leur fournir une personnalité juridique et des droits fondamentaux.

 

Cela a-t-il changé quoi que ce soit ?

 

Non, puisque nous continuons à les massacrer ou à s'en servir dans l'industrie du spectacle aquatique !

 

Chaque année sur les îles Féroés au Danemark les habitants s'adonnent à une activité populaire: le massacre des globicéphales, une variété de cétacés de couleur noire.

 

Le nombre de victimes est si élevé que la baie où a lieu le massacre est inondée de sang.

 

Chaque année dans la Baie de Taiji au Japon 23 000 dauphins sont systématiquement massacrés parce qu'ils sont considérés comme de la vermine !

 
Une éthique technologique
Vign_Westworld-saison-2

Toutes les formes de vie méritent d'être considérées comme précieuses et indispensables à l'équilibre de l'écosystème.

 

C'est la leçon que l'évolution des espèces nous a apprise: tout est relié, le tout dépend de ses parties.

 

Affirmer le contraire, c'est s'opposer à la logique la plus élémentaire, c'est troquer l'instinct de vie pour la pulsion de mort.

 

Dans son ouvrage ''Pour une éthique du futur'' (1990), le philosophe allemand Hans Jonas (1903-1993) s'est intéressé à cette problématique où il propose une éthique appliquée aux problèmes qui touchent plus particulièrement notre époque technologique.

 

''Parmi les événements de l'époque figura Hiroshima, et ce choc, perpétué par la course aux armements atomique qui s'ensuivit, fut le premier déclencheur d'une réflexion nouvelle, angoissée, sur la technique dans le monde occidental.''

 

''Avec cette dernière, on était parvenu à la victoire, certes, mais on aboutissait aussi au danger permanent d'un autoannéantissement collectif.''

 

''Depuis Copernic, au niveau du savoir qui est le nôtre, ce n'est plus l'univers mais uniquement le globe terrestre qui est la demeure de la vie.''

 

''Rien, dans le reste de l'immense univers, ne garantit qu'existe nécessairement une telle demeure.''

 

''Donc nous avons à nous considérer nous-mêmes, et toute vie alentour, comme un hasard heureux, rare dans le cosmos, qui d'une manière tout à fait exceptionnelle a permis la réalisation d'une possibilité cachée au sein de la matière - et qui en règle générale doit y rester cachée.''

 

''D'un autre côté, nous a appris Darwin, la réussite d'une fois bénéficiant de conditions planétaires particulières a pu trouver sa force ontologique au cours d'un devenir étalé sur un temps infini, marqué de vicissitudes en l'absence de tout plan, devenir sans but visé, à la fois créateur et dévorant, qui a peuplé de ses formes imprévisibles la biosphère disponible.''

 

''En comparaison du spectacle qu'offre la terre, avec ses figures terriblement complexes, tout le reste de l'univers manifesté paraît primitif et monotone.''

 

''Mais c'est la même substance première répandue à travers l'espace cosmique dans les galaxies, les soleils et les planètes, qui a également produit la vie, le plaisir et la douleur, la volonté et la peur, le voir et le sentir, l'amour et la haine.''

 

''Deuxièmement, dans l'évolution du vivant, nous nous rencontrons nous-mêmes, l'homme.''

 

''C'est tardivement, depuis fort peu de temps, qu'il est apparu.''

 

''Son entrée dans le processus a constitué pour l'histoire de la vie un événement aux conséquences inouïes, et il n'est pas encore possible de savoir s'il est lui-même à la mesure de ces conséquences.''

 

''Avec l'homme, la puissance de la pensée est intervenue dans l'évolution ultérieure, et elle a mis hors jeu les mécanismes de l'équilibre biologique régulant jusqu'alors les systèmes écologiques.''

 

''De l'époque paléolithique jusqu'à la technique scientifique, le parcours est certes long, du point de vue de l'histoire humaine, mais fort court du point de vue de l'histoire de l'évolution, et, depuis l'expansion des sciences modernes de la nature au XVIIème siècle, le processus s'est accéléré de façon exponentielle.''

 

''Ce que nous vivons aujourd'hui, c'est le paradoxe de cette réussite formidable qui menace de s'inverser en catastrophe par destruction de sa propre base naturelle.''

 

''N'allons pas nous dissimuler à cet égard que l'usage pratique de l'esprit, donc sa façon de disposer du corps, s'est trouvé depuis le début et pour longtemps au service de ce corps de manière quasi exclusive: pour mieux satisfaire ses besoins, pour les servir plus largement, pour les assurer plus longtemps - et les augmenter constamment de nouveaux besoins qu'il convenait de combler.''

 

''Au service du corps, l'esprit tourmente la nature.''

 

''En outre, il ajoute sans cesse à tout cela ses propres besoins à lui, d'une dignité plus élevée que ceux du corps, mais affamés de substance comme ceux-ci: toutes les dépenses physiques d'une culture supérieure, qui multiplie davantage encore les agressions qu'une humanité déjà excessivement nombreuse inflige à la nature terrestre, laquelle va se rétrécissant.''

 

''Effectivement, l'esprit a fait de l'homme la plus vorace de toutes les créatures et cela au rythme d'une progression où l'espèce entière se trouve aujourd'hui poussée à consommer non plus le revenu capable de se régénérer, mais le capital unique de l'environnement.''

 

''Toutes les sciences de la nature et de l'homme, de l'économie, de la politique, de la société doivent conjuguer leurs efforts pour établir un bilan de la planète, avec des propositions en vue d'un budget équilibré entre l'homme et la nature.''

 

''Peut-être cela se réglera-t-il non par des projets, mais par des improvisations comme une détresse croissante en arrache de temps en temps au génie inventif de l'humanité.''

 

''Je découvre seulement avec une netteté confondante le grand Devoir, et que seul l'esprit, le grand générateur du danger, peut être l'éventuel sauveur qui nous en sortira.''

 

''Aucun dieu salvateur ne le déchargera de l'obligation que lui impose sa place dans l'ordre des choses.''

 

''En pensant à neuf l'idée de la responsabilité et de son extension jusqu'alors impensée au comportement de l'espèce tout entière vis-à-vis de la nature tout entière, la philosophie fait un premier pas au service d'une telle responsabilité.''

 
Vign_eco-cars-0JsJ

''L'éthique du futur'' ne désigne pas l'éthique dans l'avenir - une éthique future conçue aujourd'hui pour nos descendants futurs -, mais une éthique d'aujourd'hui qui se soucie de l'avenir et entend protéger pour nos descendants des conséquences de notre action présente.''

 

''La nécessité s'en est imposée parce que notre action d'aujourd'hui, sous le signe d'une globalisation de la technique, est devenue si grosse d'avenir, au sens menaçant du terme, que la responsabilité morale impose de prendre en considération, au fil de nos décisions quotidiennes, le bien de ceux qui seront ultérieurement affectés par elle sans avoir été consultés.''

 

''La responsabilité nous en incombe sans que nous le voulions, en raison de la dimension de la puissance que nous exerçons quotidiennement au service de ce qui est proche, mais que nous laissons involontairement se répercuter au loin.''

 

''Cette responsabilité doit être du même ordre de grandeur que cette puissance, et, comme celle-ci, englobe donc tout l'avenir de l'homme sur terre.''

 

''Jamais une époque n'a disposé d'une telle puissance - de surcroît constamment et nécessairement active - , ni porté une telle responsabilité.''

 

''L'enjeu est de savoir s'il existe logiquement un pont menant de l'Être au devoir, et par là une objectivité de la morale.''

 

''Je confesserai d'abord ma croyance métaphysique: l'Être tel qu'il témoigne de lui-même ne manifeste pas seulement ce qu'il est, mais également ce que nous lui devons.''

 

''L'homme est le seul être connu de nous qui puisse avoir une responsabilité.''

 

''Être capable de responsabilité signifie déjà être placé sous le commandement de celle-ci: le pouvoir entraîne avec lui le devoir.''

 

''Mais la capacité de responsabilité - capacité d'ordre éthique - repose sur la faculté ontologique de l'homme à choisir, sciemment et délibérément, entre des alternatives de l'action.''

 

''La responsabilité est donc complémentaire de la liberté.''

 

''C'est le fardeau de la liberté propre à un sujet actif: je suis responsable de mon acte en tant que tel.''

 

''La responsabilité existe donc avec ou sans Dieu, et naturellement, avec ou sans tribunal terrestre.''

 

''Ce dont je suis responsable, ce sont naturellement les conséquences de mon agir - dans la mesure où elles affectent un être.''

 

''Mais cela ne prend un sens éthique que si cet être a quelque valeur: en face d'un être de valeur indifférente, je puis répondre de tout, ce qui revient à dire que je n'ai besoin de répondre de rien.''

 

''Mais si (et à quelque moment que ce soit) existe la présupposition - de nouveau ontologique - que l'étant a une teneur en valeur, alors l'Être de celui-ci s'accompagnera d'une exigence à mon égard.''

 

''L'extension de la puissance est également l'extension de ses effets dans le futur.''

 

''Il en découle ce qui suit: nous ne pouvons exercer la responsabilité accrue que nous avons dans chaque cas, bon gré mal gré, qu'à condition d'accroître aussi en proportion notre prévision des conséquences.''

 

''Idéalement, la longueur de la prévision devrait équivaloir à la longueur de la chaîne des conséquences.''

 

''Nous en arrivons maintenant à la situation actuelle, et aux devoirs d'une éthique du futur qui lui soit adapté.''

 

''La puissance accrue dont il était question précédemment concernait naturellement la technique moderne.''

 

''Quantitativement et qualitativement, elle dépasse sans comparaison tout ce que l'homme a pu faire jusqu'ici avec la nature et avec lui-même.''

 

''La technique présente un double visage, qu'elle peut basculer vers le bien comme vers le mal - ou qu'il est même dans la nature de son bien en soi de se transformer par sa seule croissance en un mal; et qu'à travers les ordres de grandeur, il en va précisément de toute la destinée des hommes sur terre jusque dans un avenir éloigné.''

 

''L'autre tâche préalable interfère avec la problématique ontologique à laquelle cette étude est consacrée, une doctrine de l'homme qui nous indique ce qu'est le bien en termes humains: ce que l'homme doit être, l'enjeu dont il est question à son sujet, ce qui le sert - mais par là même également ce qu'il n'a pas le droit d'être, ce qui l'amoindrit et le défigure.''

 

''Nous avons besoin de ce savoir pour veiller à ce que le Bien humain - toujours menacé de par sa nature - ne soit pas victime du déferlement de l'évolution technologique.''

 

''C'est en particulier pour le premier axiome que nous en avons appelé à l'intuition immédiate.''

 

''Mais la validité d'une telle intuition peut être contestée, voire se trouver niée par chaque individu en ce qui le concerne.''

 

''Et tout un chacun demeure libre de considérer en général ''les valeurs'' comme des préférences purement subjectives conditionnées soit par la biologie, soit par les circonstances, et en particulier le sentiment de responsabilité (à l'égal de toute forme de croyance à un devoir) comme une dotation finalisée, favorisée par l'évolution et bénéfique à la survie de l'espèce.''

 

''Très certainement, l'individu ne doit aucune obéissance à ''l'impératif'' d'une telle programmation biologique - pas plus à celle-ci qu'à l'impératif d'autres héritages de l'évolution.''

 

''Il est encore moins vrai que cette disposition, avec laquelle tant d'autres entrent en concurrence, l'engagent envers l'idée de l'existence d'une humanité qui se perpétue après lui.''

 

''En déduire un devoir est impossible.''

 

''Si, comme l'idée s'impose, nous pensons d'abord ici au destin de la nature planétaire conditionné par l'homme, un destin qui nous dévisage depuis l'avenir, il s'avère que le sentiment adéquat est un mélange de peur et de culpabilité: peur parce que la prévision nous montre justement de terribles réalités; culpabilité parce que nous sommes conscients de notre propre rôle à l'origine de leur enchaînement.''

 

''Ces terribles réalités, qui ne pourront plus nous frapper nous-mêmes, mais frapperont seulement des générations ultérieures, peuvent-elles véritablement nous inspirer de la crainte ?''

 

''La simple règle approximative d'une ''heuristique de la peur'' - prêter l'oreille, en cas de pronostics hésitants, à celui d'entre eux qui a valeur d'avertissement - cède ici la place au jugement sûr, parfaitement indépendant du calcul de grandeur portant sur les conséquences: le jugement selon lequel telle ou telle chose (que ce soit à petite ou grande échelle) n'a tout simplement pas lieu d'être.'' (Hans Jonas, Pour une éthique du futur)

La création intelligente
Vign_darwins-black-box

La sphère terrestre possède une supra-intelligence qui lui est propre, une intelligence si évoluée et raffinée qu'elle dépasse en ingéniosité la somme de toutes les intelligences humaines.

 

Proposé par un cercle de conservateur chrétien américain de la Discovery Institute, le ''Dessein intelligent'' (en anglais, Intelligent design) ou ''Création intelligente'' est l'hypothèse selon laquelle certaines observations de l'univers et du monde vivant sont mieux expliquées par une cause intelligente que par des processus non dirigés tels que la sélection naturelle.

 

Étant croyant, mais incapable de délaisser l'évolution (on peut être à la fois évolutionniste et théiste), nous ne pouvons que pencher en faveur de cette hypothèse controversée qui associe Dieu, intelligence et évolution.

 

Les croyants veulent intégrer la participation d'un Logos (intelligence) et d'une téléologie (agenda) dans la grande équation de la vie.

 

Les athées expliquent l'univers et la vie comme étant le produit de nombreux processus aveugles et autosuffisants.

 

Le cerveau humain est un organe si complexe en termes de structures et de fonctions que les chercheurs ne sont pas encore parvenus à saisir son fonctionnement global.

 

Composé de plusieurs milliards de cellules nerveuses, le cerveau est le siège de la conscience et de l'intelligence chez l'humain.

 

Plus le cerveau se complexifie, plus ses connexions neuronales sont nombreuses et plus un être possède une intelligence sophistiquée.

 

Comme les chercheurs associent naturellement intelligence et neurones, ils en sont venus à la conclusion que sans la présence d'un système nerveux, un organisme vivant ne peut posséder d'intelligence.

 

La nature est-elle en mesure de penser, de raisonner ?

 

Il n'y a pas de demi-mesure: soit elle en est capable soit elle en est incapable.

 

La première réflexion qui nous interpelle est celle que la nature est capable de créer l'intelligence chez les espèces.

 

On retrouve l'intelligence sous diverses formes et à divers degrés.

 

Chez l'homme, on la conçoit sous sa forme la plus aboutie.

 

Avant l'apparition des formes de vie complexes sur Terre, l'intelligence existait-elle ?

 

Notre réponse est qu'elle devait potentiellement exister sous une autre forme, une forme intangible.

 

Les chercheurs décrivent la nature sur la base d'un modèle d'organisation (en anglais, pattern of organization).

 

Selon cette conception la nature est la somme de tous les systèmes naturels qui se maintiennent dans un réseau de coopération, à la manière de la structure cérébrale.

 

Il n'existe aucun système isolé ou indépendant; tout est absolument interdépendant.

 

Là où il y a coopération, il y a forcément volonté de coopération; là où il y a volonté de coopération, il y a forcément intelligence.

 

Les évolutionnistes croient qu'il ne peut pas y avoir de téléologie dans la nature parce qu'il y a trop d'éléments imprévisibles qui sous-tendent le processus évolutif des espèces.

 

Pourtant, ce que l'évolution nous a apprise est que le but intrinsèque qui motive le développement incessant des espèces est leur auto-préservation.

 

Si on détruit la nature, elle trouve toujours des moyens adaptatifs de se refaire; on ne peut pas tuer la nature.

 

Dans la grande chaîne alimentaire, les proies trouvent toujours des solutions ingénieuses pour échapper à leurs prédateurs naturels.

 

Les animaux sociaux possèdent un langage, sinon ils ne seraient pas sociaux.

 

Une vie sociale nécessite un langage pour communiquer.

 

Il n'est peut-être pas aussi sophistiqué que le nôtre, mais ils parviennent à se comprendre.

 

À défaut de prononcer des syllabes comme nous, ils utilisent des conventions physiques, sonores, tactiles, odorantes et chimiques.

 

Les plantes elles aussi communiquent entre elles.

 

Les arbres ont certainement un langage, mais incompréhensible pour nous.

 

Les singes peuvent résoudre des problèmes en appliquant des solutions rapides et concrètes qui dépassent de loin l'intelligence moyenne d'un humain.

 

Durant le processus de la sélection sexuelle, rare moment de compétition dans le monde animal, c'est généralement la femelle qui choisit le mâle qui la fécondera.

 

Comment la femelle sait-elle que le mâle qu'elle a sélectionné porte en lui le bagage génétique approprié qu'elle veut transmettre à sa progéniture ?

 

Par un processus purement instinctif diront certains.

 

L'instinct est décrit comme un comportement impulsif (non réfléchi) trouvant racine dans des caractères innés.

 

Si la femelle choisit, dit-on, un mâle avec son instinct, en réalité elle ne le choisit pas puisque son choix est aveugle.

 

Il ne peut donc pas y avoir de sélection sexuelle.

 

Beaucoup de femmes choisissent mal leur partenaire de vie et font quand même des enfants avec eux.

 

Les animaux y parviendraient mieux que nous avec l'instinct seul !

 

Dans leur choix du meilleur mâle, les femelles doivent nécessairement choisir leur partenaire en fonction de critères définis comme des qualités physiques, biologiques et esthétiques.

 

Là où il y a jugement de valeur, il y a forcément intelligence.

 

Nous avons déjà évoqué que les formes de vie évoluent par la méthode d'essais et erreurs.

 

Si elles évoluent c'est que la nature est en mesure de distinguer l'essai réussi d'un essai raté.

 

Pour faire la distinction entre les deux, la nature doit forcément raisonner pour trouver les moyens de s'améliorer, se complexifier, se diversifier.

 

Là où il y a raisonnement, il y a forcément intelligence.

 
Vign_1

La science moderne a dès le début mal comprise l'essence de la vie, car elle a jeté ses bases sur de fausses prémisses qui l'ont amené à de fausses conclusions.

 

Nous devons cette erreur fondamentale au philosophe mécaniste René Descartes (1596-1650), le père de la science moderne.

 

Dans sa recherche du vrai, il a voulu étudier la nature sur de nouvelles fondations théoriques.

 

Il a donc délaissé le point de vue de ceux qui l'avaient précédé (la sagesse antique) en appliquant sa propre méthode du doute systématique.

 

Avec cette méthode, il a changé le visage de la science en découvrant certaines lois physiques.

 

Mais le fait demeure qu'il s'est profondément fourvoyé sur l'essence de la vie.

 

Descartes était encore attaché à ses racines chrétiennes et il n'a pas manqué de l'incorporer dans son système en admettant l'existence de Dieu comme Logos et de l'âme comme entité incorporelle, siège de la conscience de soi, des émotions et de la mémoire.

 

Mais cette âme, il en a fait le privilège exclusif de l'être humain, la refusant au genre animal qu'il a réduit à l'état d'automates dépourvus d'individualité et d'émotions.

 

Son influence sur la science moderne a été si considérable que ses successeurs ont refusé à la nature la faculté de penser, pour la simple raison qu'ils ont cru pendant longtemps que la faculté de penser était un privilège n'appartenant qu'à l'être humain.

 

Les préjugés étant tenaces, beaucoup d'humains aujourd'hui pensent encore, par arrogance sans doute, que l'espèce humaine possède le monopole de l'intelligence.

 

Un objet fabriqué est composé de parties séparées qui ont été assemblées ensemble.

 

Dans le système de la vie, les composantes d'une structure naturelle, une plante par exemple, changent continuellement alors que les composantes inanimées d'un objet ne subissent aucune altération.

 

La matière organique produit sans cesse de la matière.

 

Chaque cellule synthétise et dissolve et élimine les déchets inutiles.

 

Les tissus et les organes sont remplacés dans un cycle continuel.

 

Dans ce processus, il y a croissance, développement et évolution.

 

Toutes les composantes d'un organisme vivant sont interdépendantes.

 

En somme, la matière s'organise par elle-même, se produit elle-même.

 

Être et faire pour un organisme vivant sont deux états inséparables dans le processus de la vie.

 

La nature de la vie est de toujours créer quelque chose de nouveau.

 

À travers leurs interactions, les organismes vivants se maintiennent et se renouvellent sans cesse, utilisant l'énergie et les ressources de leur environnement.

 

Dans l'ancienne conception de la nature de Descartes, la pensée et la matière sont séparées l'une de l'autre.

 

Dans la nouvelle conception de la nature proposée par les chercheurs, le processus de la vie est inséparable du processus de cognition, c'est-à-dire de la pensée.

 

L'activité organisationnelle des systèmes naturels, à tous les niveaux du vivant, est une activité mentale.

 

Ainsi, la vie et la pensée sont indissociablement connectées.

 

Là où il y a pensée, il y a forcément intelligence.

 
Vign_5d07deedcfc106270f59975667cd8562

Une étude récente a démontré que lorsqu'on arrache un certain nombre de feuilles à un peuplier ou à un érable, l'arbre produit une plus grande concentration de tanins, un agent chimique qui joue le rôle de défenseur contre certains parasites.

 

Cet agent chimique se répand dans l'air et alerte les autres arbres alentours qui produisent eux aussi le même agent chimique.

 

Les arbres peuvent communiquer entre eux pour prévenir une éventuelle menace.

 

Les plantes possèdent plus de 700 capteurs sensoriels différents et agissent contre les menaces en modifiant sans cesse leur forme et leur composition chimique.

 

Elles ont également une réaction au stress, une sensibilité à la musique, possèdent une mémoire et peuvent même faire la distinction entre ''moi'' et ''non-moi''.

 

Les plantes savent aussi calculer !

 

Les scientifiques du John Innes Center sont parvenus à le démontrer avec leur étude portant sur l'arabette des dames (Arabidopsis thaliana).

 

Cette plante parvient en effectuant un calcul mathématique à emmagasiner la source d'énergie qui maintient son métabolisme, le carbone.

 

Le jour, elle transforme le carbone en matière organique par la photosynthèse.

 

La nuit, faute de lumière, elle se nourrit à même le carbone qu'elle a emmagasiné.

 

En faisant varier le nombre d'heures durant une période dans laquelle la plante était privée de lumière, les chercheurs ont découvert que la plante adapte sa consommation en utilisant ses réserves de façon constante durant la nuit (95%).

 

Non seulement la plante est capable d'évaluer le nombre d'heures qu'il reste avant l'aube, elle est également capable de soustraire et de diviser.

 

Là où il y a calcul, il y a forcément intelligence.

 

La nature est une formidable mathématicienne.

 

Elle utilise les mathématiques pour créer les composantes de la vie jusqu'aux formes les plus complexes.

 

Dans tous les niveaux du vivant, la nature utilise toujours la même formule pour créer des structures naturelles.

 

On connaît cette formule sous le nom de ''Suite de Fibonacci'', du nom de celui qui la découverte, le mathématicien Leonardo Fibonacci (1175-1250).

 

La suite de Fibonacci est une suite d'entiers dans laquelle chaque terme est la somme des deux termes qui le précèdent.

 

Elle commence généralement par les termes 0 et 1 et ses premiers termes sont : 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89, 144, etc.

 

On retrouve cette formule mathématique dans la composition de plusieurs structures naturelles comme les fleurs, les plantes, la proportion des corps, dans la structure de l'ADN, et même au niveau quantique !

 

En plus de maîtriser les mathématiques, la nature possède un sens de l'esthétique.

 

Elle crée sans limite les formes les plus harmonieuses et les couleurs les plus chatoyantes.

 

Comment pourrait-elle faire une telle chose avec un processus purement aveugle ?

 

Là où il y a sens de l'esthétique, il y a forcément intelligence.

 

La nature dans son ensemble est intelligente et cette intelligence ne dépend d'aucun système nerveux, puisque les plantes sont dépourvus d'un système nerveux.

La théorie Gaia
Vign_imagesCA36WDFV

La science écologique a fait un bond de géant dans la compréhension de la nature en acceptant l'existence d'un centre de coordination, une conscience planétaire contrôlant l'ensemble.

 

Tous les scientifiques sont d'accord pour admettre que la sphère terrestre est un superorganisme vivant !

 

Nos ancêtres vénéraient comme des dieux le soleil, la lune et les étoiles.

 

Ils vénéraient la Terre comme une déesse de la fertilité que la science parvient enfin à redécouvrir.

 

Les taoïstes ont toujours cru en un dieu de la Terre qu'ils appellent Tu Di Gong.

 

Il est aussi connu sous le nom Fude Zhengshen (福德正神) qui signifie littéralement ''Dieu des fortunes et des vertus''.

 

Dans l'hindouisme, Bhûmi, appelée aussi Bhû Devî ou Bhûmidevî est la personnification divine de la Terre.

 

Les Aztèques vénéraient la déesse Terre Coatlicu.

 

Dans la mythologie slave, Mokoch ou Mokocha (Мокошь) était la déesse de la Terre.

 

De forme masculine et affublé d'une peau de couleur verte, le dieu Geb chez les égyptiens était associé à la fertilité et à la végétation.

 

Mari était la déesse de la Terre de la mythologie basque.

 
Vign_james-lovelock-cientista

Nous devons à l'anglais James Lovelock (né le 26 juillet 1919) le culte de la déesse-Terre moderne.

 

Sa théorie Gaïa fut incorporée dans la spiritualité New Age.

 

À l'origine, Gaïa était le nom de la déesse de la Terre dans la mythologie grecque.

 

Dans le New Age, Gaïa est une entité vivante avec qui nous devons être en harmonie.

 

Pour James Lovelock la Terre est un système auto-régulé constitué par la totalité des êtres vivants (biomasse) et des constituants non vivants composant la masse totale de la Terre.

 

James Lovelock a étudié en chimie à l'Université de Manchester.

 

Par la suite, il fut employé par le Conseil de recherche médicale (Medical Research Council) dont la mission est d'améliorer la santé humaine à travers la recherche médicale à l'échelle internationale.

 

Dans les années soixante, il a travaillé à la NASA pour fabriquer des instruments chargés d'explorer les planètes à l'intérieur de sondes.

 

C'est en étudiant la composition de l'atmosphère terrestre que James Lovelock a pris conscience que les molécules chimiques ne sont pas indépendantes des êtres vivants.

 

L'atmosphère produit de l'oxygène pour les êtres vivants et en échange les être vivants produisent les molécules chimiques nécessaires à la composition de l'atmosphère.

 

Cette relation chimique à la fois cyclique et interdépendante a posé les jalons de l'hypothèse Gaïa.

 

C'est alors que débuta une longue collaboration avec la microbiologiste américaine Lynn Margulis (1938-2011).

 

Elle fut reconnue pour avoir proposé la théorie endosymbiotique.

 

Cette théorie stipule que la mitochondrie se trouvant à l'intérieur des cellules eucaryotes provient d'une collaboration symbiotique.

 

La mitochondrie était à l'origine un organisme indépendant possédant son propre ADN qui s'est logée à l'intérieur des cellules.

 

C'est en collaboration avec Lynn Margulis que James Lovelock a écrit son premier article scientifique en 1972 dans lequel il proposa que la Terre est un système de contrôle actif capable de maintenir la planète en homéostasie avec les êtres vivants, grâce notamment aux bactéries.

 

Sa théorie audacieuse utilisant la métaphore de la déesse grecque ne fut pas immédiatement prise au sérieux par la communauté scientifique.

 

Ses détracteurs lui reprochèrent que son modèle ne concordait pas avec la théorie darwinienne de l'évolution.

 

Il lui fallait donc démontrer que la théorie Gaïa pouvait être intégrée dans l'évolution.


James Lovelock a affirmé dans une entrevue: ''J'ai fait le tour des meilleurs spécialistes.''

 

''La plupart reconnaissent que mon hypothèse d'interaction globale tient la route.''

 

''Après 40 ans de recherches en climatologie, en océanographie, en biologie terrestre, des modélisations globales ont été mathématisées, et la Terre en vient à être pensée par beaucoup comme un immense organisme en auto-régulation.''

 

''L'hypothèse Gaïa n'est déjà plus une hypothèse.''

 

''Si vous affectez la chaleur de l'atmosphère terrestre, régulée depuis des millénaires, contenue entre certains écarts, évoluant lentement, cela entraîne nécessairement des conséquences en chaîne sur les glaces des pôles, les circulations océaniques, les déplacements d'air en surface, tous les écosystèmes terrestres, la survie et les migrations de quantités d'espèces, l'espèce humaine comprise.''

Sources

Charles Darwin, ''La descendance de l'homme et la sélection sexuelle'', disponible gratuitement sur internet.

 

Karl Marx, ''L'idéologie allemande'', disponible gratuitement sur internet.

 

Hans Jonas, ''Pour une éthique du futur'', Éditions Petite Bibliothèque, ISBN 2-7436-0290-2, 3e édition, 1998, 116 pages.

 
 
 
 
Vign_those-80000-dollar-art-history-degrees-will-save-the-world
 

 
© 2011-2018
Créer un site avec WebSelf